Bonjour à tous·tes !
Pour l’article de cette semaine, j’ai décidé de me plonger dans un genre musical que j’ai découvert relativement récemment : la techno. Plus généralement, ces dernières années, j’ai eu l’occasion de me rendre plusieurs fois à Berlin. Fidèle à sa réputation, la question de la techno revenait de manière systématique. Un élément qui continue à m’interpeller est le fait que cette scène, que ce soient ses formes de productions musicales ou bien les lieux où on l’expérimente, est entourée par un véritable mysticisme. D’une manière générale, c’est la techno, en tant que mouvement culturel, qui est entourée par divers discours vacillant à la fois entre une stigmatisation de celle-ci par les médias dominants et l’idée de liberté exprimée par ses partisant·e·s. Ainsi, dans cet article, je reviendrai sur certains éléments constitutifs de l’histoire de la techno pour tenter de déconstruire certains préjugés sur cet univers musical.
ORIGINES DE LA TECHNO
C’est à Détroit, une ville industrielle américaine du 20e siècle, que les premiers fondements de la techno émergent dans les années 80’ (Locomotive, 2024). Marqué par un contexte de déclin économique et démographique à la suite de la Seconde Guerre Mondiale et du crash pétrolier des 70’, la techno émerge comme une réponse au phénomène postindustriel et à l’abandon de la ville par les autorités (Locomotive, 2024). Ce nouveau genre musical a été créé par des musiciens noirs (par exemple, le collectif Underground Resistance) et prend initialement ses racines dans différentes musiques afro-américaines (Grynszpan, 1999, paragr. 16) comme le disco, le funk ou la musique soul (Locomotive, 2024). À cette période, il n’y avait pas de clubs à Détroit et ce sont différents collectifs de jeunes qui vont organiser des rassemblements pour écouter ce nouveau type de production en faisant usage de lieux abandonnées, comme les usines (Locomotive, 2024).
Dès son émergence, il s’agit d’une forme d’expression musicale qui va être marginalisée et entourée de stigmates sociaux avec l’idée que c’était une musique pour les personnes homosexuelles, celles qui se droguent, etc. (Grynszpan, 1999, paragr. 6). Comme le souligne Emmanuel Grynszpan (1999), la techno commence à gagner en reconnaissance du moment où celle-ci a été appropriée par les personnes blanches : « Le public américain est prêt à s’ouvrir au bruit, à condition qu’il soit blanc ! » (Grynszpan, 1999, paragr. 7).
Certains auteur·ice·s avancent aussi l’existence d’une influence de la musique industrielle de la fin des 70’ dans la techno. Il s’agit des premières productions à avoir intégré de manière centrale l’usage d’instruments électroniques dans la composition musicale (Grynszpan, 1999, paragr. 11). Ceci n’est pas un élément anodin, car cette posture vient radicalement casser les codes de la musique savante, qui avait imposé jusqu’à lors une certaine normativité autour de la production musicale (Grynszpan, 1999, paragr. 16). Celle-ci devient alors accessible à tout·x·es car elle n’est plus liée à un apprentissage traditionnel des instruments de musique, et une nouvelle esthétique est trouvée dans les séquences de bruits répétés (Grynszpan, 1999, paragr. 11).
LA CULTURE TECHNO
Il est difficile d’établir une définition claire de ce qu’est la techno, car il s’agit fondamentalement d’un vaste ensemble de pratiques musicales qui sont ancrées géographiquement et temporellement (Grynszpan, 1999, paragr. 23). Toutefois, certains éléments relativement communs peuvent être noté : elle est produite majoritairement par des dispositifs électroniques et une importance accrue est accordé au rythme au travers d’un principe de répétition (Teufel, 2026). Plus généralement, c’est aussi une manière de concevoir la musique comme une expérience d’écoute qui ne peut pas être détachée des contextes dans lesquels elle est joué (Teufeul, 2026).
Plus précisément, un des éléments constitutifs de la culture techno sont les raves, qui cristallisent encore aujourd’hui une série d’imaginaires plus ou moins péjoratifs. De manière générale, les réalités des cultures alternatives sont largement comprises par la société dominante par le biais des médias (Darrouzet, 2024). Ceux-ci proposent en général une vision basée sur la recherche de sensationnalisme en se focalisant sur les éléments transgressifs au sein de ces mouvements (Grynszpan, 1999, paragr. 26). Dans les années 90’, les raves vont engendrer une série de paniques morales (Darrouzet, 2024), qui vont mené à la mise en place de mesures d’interdiction, de restriction et de répression, et vont de facto forcer cette scène à se développer dans l’illégalité (Grynszpan, 1999, paragr. 26 & 27).
BIBLIOGRAPHIE
Darrouzet, Virgile (juillet 2024). La techno : des origines underground à un phénomène global. Goethe Institut. https://www.goethe.de/ins/fr/fr/kul/art/ban/25869274.html
Grynszpan, Emmanuel. (1999). Histoire du mouvement techno. Dans E. Grynszpan, Bruyante Techno (pp.8-20). Guichen : Éditions Mélanie Seteun. https://doi.org/10.4000/books.ms.1356
Locomotive (2024, 06 mai). Focus sur la techno. La Locomotive. https://loco-motive.fr
Rédaction Teufel (2026, 07 avril). Le bonheur des basses : origines et histoire de la techno. Teufel BLOG. https://blog.teufelaudio.fr/origines-et-histoire-de-la-techno/

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